Le paradoxe de la photographie ou de la vidéo pornographique tient au fait que si l'acte sexuel physique est bien réalisé, tout le reste est simulé, premier lieu, la jouissance de la femme. Pour contrebalancer ce simulacre, l'homme se doit d'éjaculer hors du vagin de sa partenaire, pour bien matérialiser sa jouissance. La situation est alors totalement paradoxale, où pour prouver la réalité de l'acte, les acteurs jouent une situation bien éloignée de la réalité de nos étreintes.

La pornographie amateur est censée cependant repousser plus loin la limite du vrai. Les acteurs amateurs se livrent à l'objectif par ce qu'il aiment ça, par plaisir. Le jeu n'est plus un jeu d'acteur, mais un jeu sexuel destiné à pimenter leurs ébats.

Dans mes photos, il y a jeu, forcément. Le jeu est d'abord dans le dispositif même : la rencontre programmée autour du désir de deux personnes sans affinité amoureuse. Dispositif artificiel auquel le jeu permet de donner corps. Il y a jeu et enjeu, le jeu du désir est l'enjeu de cette rencontre, et pour qu'elle réussisse il faut mettre le désir en jeu.

Le jeu aussi comme révélateur, la façon de jouer selon son désir. Je ne demande jamais à mes modèle d'endosser un rôle déterminé. Elles jouent celui de leur choix, ou leur propre rôle, ou peut-être ne jouent-elles pas, je ne le sais pas, cela leur appartient.